L’inclusion comme levier de croissance et d’innovation

Et si l’innovation ne dépendait pas seulement de la technologie, mais aussi de ceux qui la développent ? C’est la question centrale du keynote de Françoise Chombar (Melexis) à Advanced Engineering. Avec son intervention sur le STEMinism et le Womenomics, elle souhaite inciter les ingénieurs et les dirigeants à repenser l’innovation, le talent et la compétitivité.

« Les entreprises parlent souvent d’innovation, mais rarement d’inclusion et de diversité comme moteur de celle-ci », constate Françoise. « Et pourtant, c’est là que se trouve une énorme opportunité. » Elle n’est donc pas d’accord avec l’idée que l’industrie européenne est actuellement coincée entre les États-Unis à l’Ouest et la Chine à l’Est. Au contraire, elle voit une véritable opportunité.

« Il est temps d’arrêter de se plaindre et de tirer parti de notre avantage. »

« Nous sommes presque le dernier bastion de la démocratie et de l’inclusion. Dans les pays où les femmes occupent encore une position inférieure, elles choisissent délibérément des formations STEM pour devenir plus indépendantes. Si nous attirons ces talents et leur offrons des opportunités, nous pouvons non seulement combler notre déficit de profils techniques, mais aussi évoluer plus rapidement vers un meilleur équilibre entre les genres. Il est temps d’arrêter de se plaindre et de tirer parti de notre avantage. »

Comment l’inclusion stimule l’innovation

Françoise Chombar appuie son propos avec un business case clair, faisant de la diversité non pas un thème « doux », mais un levier direct pour l’innovation. « Les entreprises qui n’investissent pas consciemment dans la diversité limitent leur capacité d’innovation. Si vous voulez innover, vous avez besoin de perspectives différentes. Les équipes trop homogènes pensent plus vite dans la même direction et passent à côté de solutions et d’idées alternatives. »

Avec le terme STEMinism, elle associe volontairement technologie et inclusion. Il ne s’agit pas seulement du genre, mais de la manière dont les organisations gèrent les talents dans le sens le plus large. « Le STEMinism concerne la façon dont nous, en tant que société, traitons les individus, leurs talents et comment nous pouvons les faire s’épanouir pour le bien-être de tous – et pour l’innovation. »

Elle note que c’est encore un angle mort important, surtout dans les secteurs techniques. « Beaucoup d’entreprises ne s’en occupent pas activement. Elles construisent des solutions, mais réfléchissent peu à qui est autour de la table. C’est néfaste, car l’inclusivité et la diversité créent la magie de l’innovation. »

Le retour sur investissement de la diversité

Au-delà de l’innovation, il existe également une logique purement économique. Avec le Womenomics, Françoise fait référence à l’idée que les entreprises performent mieux lorsqu’elles reflètent leur marché.

« En tant que développeur de produits, votre marché final est généralement très divers. Mais si vous regardez les entreprises et leurs équipes, cette réalité n’y est pas reflétée. Vous perdez alors l’opportunité de vraiment comprendre votre marché. »

« La diversité est un moyen d’obtenir de meilleurs résultats. »

Cela a des conséquences sur tout : du développement produit au marketing et à la vente. « Si vous voulez développer des produits qui séduisent un large public, vous avez également besoin d’une équipe diversifiée pour y travailler. Sinon, vous passez à côté d’informations cruciales qui se reflètent dans les chiffres de vente. La diversité n’est pas une fin en soi ; c’est un moyen d’obtenir de meilleurs résultats. »

De la sensibilisation à l’action

Françoise propose également des outils pratiques pour transformer cet état d’esprit en action. La première étape est la sensibilisation, mais cela ne doit pas s’arrêter là. « Les dirigeants doivent diffuser activement cette philosophie et agir en conséquence. Ce n’est qu’ensuite que vous pouvez identifier les points de blocage : recrutement, évolution de carrière ou rétention. »

Ces points de blocage résident souvent dans de petits mécanismes presque invisibles mais ayant un grand impact sur qui vous attirez et retenez. Même le langage utilisé dans les offres d’emploi peut faire la différence. « Les termes utilisés pour les postes techniques et innovants sont souvent très masculins, ce qui décourage de nombreuses femmes. Si vous utilisez un langage sensible au genre, vous attirez également les femmes, sans effrayer les hommes. »

En parallèle, une grande partie de la solution consiste à mettre en évidence ce qui fonctionne déjà. « Les équipes déjà diversifiées et qui l’embrassent vraiment tendent à exceller plus rapidement dans l’innovation. Il y a beaucoup de preuves de cela, mais elles sont encore trop peu exploitées. En rendant ces exemples visibles et en y incluant les gens, vous créez des modèles. Et ce sont ces modèles qui incitent les autres à suivre. »

L’inclusion comme facteur de succès

Ces exemples concrets et ces idées constituent le fil rouge de son keynote à Advanced Engineering. Françoise souhaite surtout fournir des outils pratiques. Pas un énième discours abstrait sur la diversité, mais des idées que les entreprises peuvent immédiatement mettre en œuvre et qui ont un impact réel.

« Je raconte une histoire d’opportunité et d’espoir. Cette intervention montrera qu’une approche inclusive de votre fonctionnement vous rendra plus performant. » Avec cette prise de conscience, elle espère que le public se posera les bonnes questions en revenant sur le lieu de travail : « Mon équipe reflète-t-elle le marché pour lequel je travaille ? Sinon, qu’est-ce que cela implique pour ma capacité d’innovation et mes résultats ? Et comment puis-je y remédier ? »

Why STEMinism and Womenomics are a mighty twin for Europe’s future

Jeudi 7 mai

10:30 – 11:00 

Main Stage 

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