Le télescope Einstein : un projet d’ingénierie unique en son genre

Le télescope Einstein trouvera-t-il ou non sa place près du point de rencontre entre la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne ? Gerjan van de Walle, chargé du développement commercial au sein de l’équipe flamande du télescope Einstein, l’espère vivement et vient à Advanced Engineering pour mobiliser les entreprises et les ingénieurs afin de contribuer à la réussite de ce projet.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le télescope Einstein : il s’agit d’un détecteur d’ondes gravitationnelles de troisième génération, encore plus sensible, doté de bras de 10 kilomètres de long, qui sera installé sous terre et qui doit nous aider à mieux comprendre la théorie de la gravité et des trous noirs. La Belgique, les Pays-Bas et le Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie s’associent pour construire ce télescope révolutionnaire au point des trois frontières.

« Les premiers détecteurs se trouvent aux États-Unis et en Italie. Mais celui-ci devrait nous permettre de mieux comprendre la théorie de la gravité qu’Einstein a formulée il y a déjà cent ans », explique Gerjan van de Walle. « C’est une occasion unique de contribuer à cette aventure innovante chez nous, avec la meilleure technologie au monde. »

Pour la science

Le télescope Einstein permet de mesurer de légères variations de distance entre une source laser et un miroir. « Ces variations peuvent être dues à la gravité, mais aussi aux vibrations causées par les trains, les camions et d’autres facteurs environnementaux », explique Gerjan. « En construisant cette fois-ci le télescope sous terre et en l’équipant de la meilleure technologie actuellement disponible, nous pouvons effectuer des mesures beaucoup plus précises et affiner davantage la théorie. »

C’est intéressant d’un point de vue scientifique, car cela nous permet d’en savoir plus sur l’origine de notre univers. « Les ondes gravitationnelles constituent un autre « sens » permettant d’étudier l’univers. Au cours des 400 dernières années, nous l’avons fait via le spectre électromagnétique, comme avec le télescope spatial James Webb. Mais grâce à la gravité, nous pouvons étudier la matière qui n’émet pas de rayonnement électromagnétique (comme la lumière) – ce qu’on appelle la « matière noire » – et remonter encore plus loin dans le temps. »

« Car jusqu’à environ 380 000 ans après le Big Bang, il n’y avait pas de lumière », précise Gerjan. « Il n’était donc pas possible d’observer quoi que ce soit. Jusqu’à présent. En observant la gravité, nous découvrirons des phénomènes dont nous ignorons encore l’existence. »

Effet d'entraînement

Mais au-delà de la science, l’arrivée éventuelle du télescope Einstein constitue également un enjeu majeur pour l’industrie. « Tout d’abord parce que nous avons besoin de l’industrie pour mener à bien cette prouesse scientifique », explique Gerjan. « Mais aussi parce que la mise en place d’un tel projet apporte des avantages à l’ensemble de la région. C’est un projet unique auquel une entreprise peut associer son nom. »

« Les techniques innovantes qui seront nécessaires pourront ensuite être appliquées à d’autres secteurs. Il est donc très intéressant d’être aux premières loges de cette évolution. Prenons l’exemple d’autres projets de « grande science » comme le CERN. On y observe clairement, après quelques années, un effet d’entraînement sur l’industrie locale. »

Gerjan établit également un lien avec la « guerre des talents » et l’avenir des profils innovants au sein de nos formations. « Un projet comme le télescope Einstein est exactement la raison pour laquelle les meilleurs profils choisissent de venir travailler pour une entreprise. Il est conçu pour durer 50 ans et emploiera de nombreux scientifiques et ingénieurs. « De plus, il s’agit d’un outil destiné à la prochaine génération qui, nous l’espérons, incitera nos enfants à s’orienter vers les filières STEM, afin d’attirer davantage de profils innovants sur notre marché du travail. »

Lors du salon Advanced Engineering, Gerjan présentera les grandes lignes du projet lors d’une conférence. L’après-midi, plusieurs scientifiques aborderont plus en détail les défis liés aux capteurs lors d’une session approfondie. « Venez nous rendre visite et laissez-vous séduire par ce projet unique. Le télescope Einstein dépasse les frontières flamandes, belges et même européennes. Peu importe d’où vous venez ou où vous exercez vos activités, vous pouvez contribuer à l’un des projets les plus innovants du moment », conclut Gerjan.

Jeudi 7 mai à 11h30 sur Advanced Engineering. La session approfondie aura lieu plus tard dans la journée, de 13h30 à 15h. Vous trouverez d’ores et déjà plus d’informations sur www.einsteintelescope-emr.eu et www.etforbusiness.be.

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